La domination policière

Pour quiconque souhaite ne pas s’arrêter à la représentation angélique de l’institution policière.Loin des clichés d’une police bienfaitrice et protectrice, cet ouvrage se propose d’analyser structurellement la fonction policière. Un livre coup de poing empruntant une perspective originale.

 

 

Il est ici question de la police en tant qu’appareil d’état au service des classes dominantes. Une analyse juste du rôle institutionnel de la police qui a pour fonction première la préservation de l’ordre social établit. Mathieu Rigouste démontre comment les forces de police maintiennent cet ordre violent par la coercition. Dans cette perspective, « la violence policière n’a rien d’accidentel, elle est rationnellement produite et régulée par le dispositif étatique ».

L’auteur met en lumière les fondements idéologiques de l’institution policière française en retraçant sa généalogie. De l’histoire coloniale française aux bidonvilles devenus quartiers populaires, Mathieu Rigouste décrit les pratiques ségrégatives de la police -il développe notamment le concept de socio apartheid- qui n’a cessé de jouer son rôle de bras armé de l’Etat bourgeois face aux « ennemis de l’intérieur ».

En réaction aux révoltes des quartiers populaires, la police a organisé la contre-insurrection. L’auteur explique « comment les techniques issues de répertoires de la violences guerrière et coloniale ont pu être appliquées par la police pour soumettre les quartiers populaires ».

Mathieu Rigouste étudie également « le processus de marchandisation »  en plein expansion « de la contrainte et de la violence où le contrôle, la surveillance et la répression sont devenus des marchés gigantesques aux mains des industries ». Ce « marché de la contrainte »  fournit de nouveaux équipements à la police dont les usages transforment les techniques de répressions.

Author: André Y.

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